Exploration des limites du partage des eaux

BLEU BEC, cycloration du Nouveau Monde

À vélo, on a exploré les limites du partage des eaux. En audio, en photo ou avec un stylo, on documente cette exploration en vue de cultiver l’eau.

Samedi 13 avril, de 9h à 19h, 25 cyclo-explorateur•ices disposant d’un vélo en état et d’un état d’esprit coopératif, ont déroulé 40km à la recherche des cours d’eau plus ou moins cachés de notre Eurométropole. Visant l’azimut Nord-Est depuis le Biotope d’Euralille (siège de la MEL), grâce aux sources vivifiantes des intervenant•es et aux ressources effervescentes des participant•es, nous projetons une culture alternative de l’eau avec nos voisins belges !

Après avoir remonté de Fives à Mons en Barœul, la Chaude rivière noyée d’artifices urbains, suivi le courant inspirant de Maître David à Villeneuve d’Ascq, jusqu’à la Marque, franchi 2 lignes de partage des eaux, pointé le Château d’eau d’Hem, longé le lieu dit du Nouveau Monde à Leers, nous avons atteint un ruisseau négligé. En passant la frontière – qu’on remarque surtout avec nos postérieurs soulagés par l’aménagement belge – la Becque du Riez ne change pas de physionomie mais se prononce : “Rieu Delbecq”.

Cinoche d'épinoches / Tentative de "sueder" Arizona Dream en plein vent - Frontière entre Leers en France et Leers Nord, en Belgique ©© Maud Piontek

À défaut de pouvoir y pêcher des poissons, armé de harpons virtuels, nous avons fait danser l’épinoche imaginaire ! 😉 Porté par une bonne brise coopérative, notre farandole s’est faite accueillir par des grenouilles peu farouches et d’autres espèces d’espèces wallonnes, ni avares d’érudition médiévale, ni d’arrosage « phytosanitaire » !!

La crevaison donne l’occasion de partager des coups de main pour faire rayonner la coopération ! (De gauche à droite, Fabien Gauthier, Laurence Toulotte, Véronique Faveur et Eric Deleplanque à l’agilité mécanique.)
De gauche à droite : Fabien Gauthier, Laurence Toulotte, Véronique Faveur et Eric Deleplanque à l’agilité mécanique - Toufflers. ©©Julien Sylvestre

Prochaine étape : Restitution participative de l'exploration

Combinons nos impressions singulières de cette expérience immersive pour cultiver l’eau !! Mettons en commun ces impressions pour construire une carte qui documente cette “chasse à l’eau”. Le témoignage multi-voix de l’exploration du groupe de cyclistes se fera à travers différents médias : cartes scientifiques et sensibles, captations sonores et visuelles, proses et poèmes. Les participant•es restituent leurs expériences à travers une story map collective exposée et discutée lors de la Biennale de cartographie : Vendredi 7 juin de 10h à 12h à la MRES.

Biotope de départ : Siège de la MEL
 

Point le + excentré : Vestiges du château de la Royères à Néchin en Belgique

Arrivée : AMAP des Hauts-Jardins à Villeneuve d’Ascq

Julia Morawsky en tête du Repérage de la BLEU BEC | le 16 mars 2024 - Le long du Rieu Delbecq à Leers Nord, Belgique

Intervenant•es

Anne Braquet, Paysagiste • CAUE du Nord

Christophe Bolot – Catalyseur d’intérêt général • Interphaz

Romain Morvan – Chargé de mission Espaces naturels • MEL

Olivier Moulin – Architecte et tailleur de pierre • Château de la Royère

Yohan Tison – Écologue et élu biodiversité • Ville de Villeneuve d’Ascq

Hugues Trachet –  Maraicher bio • AMAP des Hauts-Jardins

Confirmé•es et dans l'ordre d'apparition

Récit coopératif d'une balade sensible transfrontalière

Ressources en amont pas disponicles ce jour là

Catherine Christiaens – Coordinatrice • Eurometropolis Lille-Kortrijk-Tournai

Bertrand Verdebout – Chargé de mission mobilités durables • Ville de Villeneuve d’Ascq

Bénédicte Grosjean– Enseignante chercheuse à l’ENSAPL

Edouard Fleury – Chargé de projets transfrontaliers • MEL

 
 

À la CHASSE des EAUX

Sur 20 km, 2 lignes de partage des eaux séparent 3 bassins versants

Lit majeur des cours d’eau • Carte de Cassini du XVIIIe sc + réseau hydrologique actuel ©Geoportail

9h15 - Biotope départ : Une périphérie devenue nouvelle centralité

©Lionel Pralus

Euralille, avec sa devise “la ville continue” construit à partir des 90’s une nouvelle centralité à l’extérieur des remparts de la ville ancienne. Sur cette zone autrefois inconstructible pour des raisons défensive, selon une logique urbanistique contemporaine liée à la proximité des gares, la ville continue à se densifier.

Le Biotope abrite le siège de la MEL. Ce bâtiment initialement prévu pour accueillir l’agence européenne du médicament, absorbe quelques pluies avec son toit planté d’arbres et les loyers versés par l’institution locataire. Son entrée offre un abri pour lancer notre bio-top départ !

1ère séquence : quand la ville noie sa source pour lui vouer une cathédrale

Francis Meilliez – Société Géologique du Nord / CAUE du Nord /Wikipedia

Lille, stratégiquement bien placée à son origine autour de la rivière divagante La Deûle, a englouti les deux derniers siècles, les deux cours d’eau qui lui ont permis de s’installer vers l’an 1000.

Une rivière relativement chaude

L’un des deux, nommé le Becquerel a été totalement “noyé” par l’artificialisation de la ville, fin XIXe. Alimentant la ville en eau potable dès 1285, il ruisselle toujours en profondeur mais n’apparait en surface qu’à travers le nom des rues. Aujourd’hui, le drain naturel de cette rivière fivoise est toujours naturellement alimenté par les infiltrations que n’interceptent pas les divers dispositifs de collecte des eaux pluviales, comme le bassin d’orage de la rue Gutenberg, véritable cathédrale souterraine à 20 mètres de profondeur (165 de long et 12 de large = 40 000 m3).


Aux dimensions comparables, le bassin d’orage des Bateliers. Ici, lors de sa construction dans le Vieux-Lille – Déc. 2014. ©© Julien Sylvestre


Comme il est alimenté par plusieurs forages des nappes profondes, près de sa source, le Becquerel ne gelait pas. On le surnomme alors Chaude rivière, mais il y a peu de chance qu’il puisse réchauffer les piscines municipales !

Bien que sur la même ligne que le tracé du Becquerel, le Courant de Maitre David lui, émergeait de remontées de la nappe phréatique du dôme calcaire du Mélantois à la base de Flers Bourg et s’écoulait gravitairement vers le lit majeur de la Marque, à l’est. Et là, contrairement au Becquerel englouti, la ville s’est construite en profitant de ce ruissellement naturel pour creuser une chaîne des lacs qui offre une qualité de vie citadine lacustre.

La chaîne des lacs a d’abord été créée comme axe principal de gestion des eaux pluviales des quartiers alentours et s’est avérée devenir aussi une véritable structure de diffusion de la qualité de vie pour la ville nouvelle et même d’espaces de nature  pour la métropole.

Sources : CAUE du Nord et Wikipédia

2e séquence : Après la remontée du Becquerel, descendons le Courant de Maître David

Repérages du 16 mars - À partir de Villeneuve d'Ascq
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